Coccomer

CoCCo-Mer  a été réalisé à l’occasion de l’événement « Année internationale de la Lumière 2015 » dans le quartier Saint-Laurent Grenoble.


Où s’est planquée la phyto? Qu’a donc foutu le plancto? Mystère, mais ça continue de phosphorer, en virant au minéral.

Ça produit avec la sédimentation, des coccolithes ( du grec kokkos, pierre en forme de grain ) qui s’agrègent en coccosphère. Dans nombre de mythologies, dont celle des Grecs, la fécondité procède de la Terre – nommément Gaïa ou Gé – qui avec, son accouplement avec Ouranos, l’air, engendre une série de créatures divines et / ou monstrueuses. Donc de la fusion Terre/Ether naît la Terre-Mère.

Le  CoCCo-Mer  est situé dans une arche de l’ancienne entrée en face de l’endroit le plus sacré, l’autel. La lumière, émanation du ciel, troue le cœur du vitrail bigarré, qui freine néanmoins son intensité et laisse la crypte illuminée dans une douce pénombre.

C’est la densité qui correspond exactement au recueillement que l’on se doit d’observer face aux défunts.  C’est là où l’ancien et le nouveau se rencontrent.

Le design de l’objet a trouvé son inspiration dans le contexte existant ainsi que dans les formes et les processus naturels du phytoplancton et de sa sensibilisation à la lumière.

Cet étrange contraste finit par suggérer un mouvement infini. Si nous considérions en effet cet ossuaire que comme collection de squelettes, objets fétiches des anthropologues, nous ne parviendrons jamais à évoquer des sentiments relatifs à notre destin de future dépouille.

Laurent Henrichs, écrivain

 

 

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